"Quand Jean Pigozzi me demanda si jaccepterai d'être commissaire d'une exposition de sa collection dart africain, je restai dabord sceptique. Mais quand il me dit quil avait constitué récemment une collection dart contemporain japonais, je fut alors réellement enthousiaste." Carsten Höller
Jean Pigozzi collectionne lart contemporain et est également photographe tandis que la notion de «double» est au coeur même de la vie et du travail dartiste de
www.moreeuw.com target=_blank>Carsten Höller. Il semblait naturel que leur rencontre débouche sur un projet commun, où la collection de Jean Pigozzi allait constituer le matériau que Carsten Höller allait utiliser pour lorganisation de lexposition, de telle sorte quelle devienne elle-même une oeuvre dart. La collection Pigozzi est connue depuis une vingtaine d'années comme l'une des collections d'art africain contemporain parmi les plus importantes au monde. Ces dernières années, Pigozzi a discrètement augmentée sa collection de quelques 500 pièces de jeunes artistes japonais de moins de trente ans. Carsten Höller a imaginé avec Jean Pigozzi un projet d'exposition duelle; limitant le choix des oeuvres dartistes africains à la République Démocratique du Congo, qui seront accrochées en juxtaposition aux oeuvres dartistes japonais. Le nombre doeuvres dun pays sera le même que celles de lautre pays, mettant en exergue leurs différences et leurs points de références communs.
Un long mur longitudinal de près de 40 mètres de longueur sert de surface daccrochage aux dessins, peintures et photographies japonais. Des ouvertures donnent sur de petites salles dédiées aux sculptures et objets japonais. En vis-à-vis, un mur courbe de mêmes dimensions et ouvrant également sur de petites salles est attribué aux artistes de République Démocratique du Congo. Les deux murs forment une sorte de couloir qui devient plus étroit en son milieu.
Seize artistes congolais (dont Pierre Bodo,
www.moreeuw.com target=_blank>Chéri Samba, Pathy Tshindele, Jean Depara, Cheik Ledy, et Bodys Isek Kingelez) seront confrontés à 47 artistes japonais (dont Natsumi Nagao,
www.moreeuw.com target=_blank>Nobuyoshi Araki, Akihiro Higuchi, Kazuna Taguchi, Teppei Kaneuji, Hiroki Tsukuda et Keiichi Tanaami). Le volume des oeuvres congolaises présentées sera identique à celui des oeuvres japonaises, afin de créer une densité équivalente dans l'espace.
Linstallation des oeuvres est organisée de façon sensorielle suivant les similitudes et les différences entre les deux groupes. Les pièces les plus «similaires» étant installées au point de rapprochement le plus étroit entre les murs. Cette architecture du double qui génère une co-existence de deux identités visuelles, culturelles et matérielles est au coeur du travail de Carsten Höller. La symétrie, le redoublement qui empruntent par exemple la structure des images des tests de Rorschach, organisent le déplacement physique, sensoriel et mental du spectateur. Il peut suivre le corridor central qui distribue les salles et laccrochage, mais peut aussi en emprunter lenvers, son double négatif, et suivre un cheminement derrière les murs laissés bruts. Lespace de lexposition devient aussi une machine spatiale, un environnement qui influe sur la perception de lespace de lexposition et de ses repères classiques. Il fait de sa structure de fortune une forme dexpérience, comme une errance au milieu dun village Potemkine.
JAPANCONGO fait référence à un projet plus ancien de Carsten Höller, The Double Club, quil a ouvert à Londres en 2008/2009 pour une période de 8 mois. Le bar, le restaurant et la discothèque du Double Club ont été divisés en deux parties égales, lune «congolaise» et lautre «occidentale», à la fois dans lespace (décoration, origine des meubles) et dans le temps (musique, nourriture).
Consultez
www.thedoubleclub.co.uk target=_blank>www.thedoubleclub.co.uk pour plus dinformations.
La collection Pigozzi offre lopportunité unique détendre cette approche à la représentation de lart, en faisant référence à la nature même dune collection, à la notion dorigine et aux formes dexpressions humaines. Elle souligne avant tout lidée que toutes les formes dart possèdent un fond commun, un langage qui ne peut être traduit par des mots, mais qui devient plus évident et intelligible quand les différences culturelles sont mises à jour. Certaines oeuvres dart majeures sont montrées ici, de telle façon quelles mettent en exergue les relations quelles ont entre elles.
L'exposition sera présentée dans les lieux d'art contemporain les plus
prestigieux d'aujourd'hui. Après le MAGASIN de Grenoble, elle sera montrée au Garage Center of Contemporary Culture de Moscou à l'été 2011, puis à Milan en septembre 2011 dans la salle des cariatides du Palazzo Reale, qui abrite les expositions du Centre d'art contemporain.